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Les maux de la publicité

courtoujoursVoici un texte toujours d’actualité que j’avais publié en octobre 2012. Je l’ai à peine modifié.

La boîte aux lettres, plus vous la videz, plus elle se remplit. Telle une boîte de Pandore, elle donne un peu d’espoir, et apporte tous les maux du monde. Peu de mots doux, mais beaucoup de publicités déposées par des petites mains anonymes. Aucun gros mot, que de grands maux. Je ne m’en plains pas. Comme un enfant devant la vitrine d’un magasin de jouets, j’aime regarder ces dépliants colorés, ces feuilles imprimées.  Que de nouveautés, d’objets extraordinaires, de ventes exclusives, de fêtes et d’anniversaires célébrés par des soldes et remises exceptionnelles ! Rien d’inutile et cher, que de bonnes affaires… ?

Ces prospectus sont parfois de petits chefs-d’œuvre. Lire la suite

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Questionnement sociétal ?!

L’origine des mots est souvent bien mystérieuse. L’étymologie aide à en saisir la genèse, mais beaucoup échappent  à notre filature.  Ils ont une vie autonome, ils évoluent. Ils changent de sens.  Le mot collatéral  existe depuis au moins trois cents ans.  Initialement il qualifiait une parenté dans un arbre généalogique, il désignait également un élément d’architecture. Ce n’est que très récemment qu’il est devenu un mot d’excuse ! Les « dégâts collatéraux », dans la bouche des stratèges militaires occidentaux,  légitiment des massacres de civils par les bombes de nos « guerres propres ». La « guerre propre » est, elle-même, une curiosité.  Pour plagier Coluche : un linge propre, je vois ce que c’est, une rue propre aussi, mais une guerre ? Quelqu’un la balaie régulièrement ? On la nettoie avec quel détergent ? A moins que nous voulions dire par là que cette guerre nous appartient, un peu comme notre « amour propre » ? Ce qui caractérise une « guerre propre », c’est qu’elle est menée par nos démocraties occidentales. Une démocratie ne fait que des « guerres propres », par humanisme éclairé. Les « guerres sales » ? ce sont celles… des « autres « ! La Guerre du Golfe n’a pas été Lire la suite

Les maux de la publicité

La boîte aux lettres, plus vous la videz, plus elle se remplit. Telle une boîte de Pandore, elle donne un peu d’espoir, et apporte tous les maux du monde. Peu de mots doux, mais beaucoup de publicités distribuées par de petites mains anonymes. Aucun gros mot, que de grands maux, mais je ne m’en plains pas. Comme un enfant devant la vitrine d’un magasin de jouets, j’aime regarder ces dépliants colorés, ces feuilles imprimées. C’est une sorte de foire au trône. Que de nouveautés, d’objets extraordinaires, de ventes exclusives, de fêtes et d’anniversaires célébrés par des soldes et remises exceptionnelles ! Rien d’inutile et cher, que de bonnes affaires… ?

Ces prospectus sont parfois de petits chefs-d’œuvre. En exemple, le catalogue artistiquement illustré d’une célèbre enseigne d’articles de sport. Sur chaque page vous pouvez admirer de magnifiques jeunes gens courant au milieu de paysages splendides. Pas un seul ne marche. Tournez toutes les pages. Il n’y a aucun marcheur, sac sur le dos, bâton à la main… ils courent tous. Ou mieux, ils volent ! Regardez bien les photographies : beaucoup ne touchent pas terre ! D’ailleurs c’est aussi bien, car il n’y a ni feuillage, ni tapis de mousse verdoyante. Que des routes bitumées pour bien s’user les articulations. Heureusement, le magasin a tout prévu pour vous. Il vend des genouillères, des chaussures sur coussin d’air pour amortir les chocs, des ceintures lombaires et pour les cas extrêmes, des baumes contre les douleurs articulaires… donc ne vous privez pas de courir et surtout ne perdez pas votre temps en contemplation de la nature environnante. Il faut aller vite, toujours plus vite. Avec un casque de baladeur sur les oreilles c’est le bonheur : ne rien voir, ne rien entendre.

A propos de sentier moussu, voici une réclame amusante d’une chaîne de  la « grande distribution ». Un panier de champignons, c’est de la poésie. J’imagine un retour de balade en forêt, mon panier d’osier sous le bras. Il est plein de beaux souvenirs de ma promenade dans le  frimas du matin : cèpes aux bruns chaleureux, girolles orange, chanterelles ocre, russules charbonnières, pieds de moutons beige… Mais fi de tout cela : un sachet en plastique rempli de champignons non identifiés, lavés, découpés, de couleur indéfinissable. Ils ne sont pas encore pré-mâchés, mais cela ne va pas tarder ! Le « panier de champignons » : une belle définition pour une triste chose.

Consulter ces dépliants, c’est savoureux. Ici c’est le tarif d’une marque de produits surgelés. Première page lue : bisques de « homard façon cappuccino »,  très original ! Le cappuccino est un café crème. Un peu plus loin : « tartelettes façon Banoffee ». Et puis encore : « tartelettes façon Mont-Blanc ». Je continue : »poulet façon pastilla », « légumes façon thaï »… en voilà des façons ! Pas de doute, avec toutes ces façons de faire, ces mets doivent être délectables ! Et bien sûr il n’y a aucune malfaçon, et surtout pas de contrefaçon. Car alors, ce serait non merci, sans façon !